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La pêche à l'écrevisse

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L'écrevisse sera
mangée par la carpe 
ou
prise par le pêcheur

?

 Page C 1

 La pêche "avec"
une écrevisse

La pêche à l'écrevisse

quand à = "avec"

 Page C 2

Les carpes "mordent-elles"
 à l'écrevisse ?

 
Page C 3

 Les brochets "mordent-ils"
à l'écrevisse ?

Page C 4

Enquête :
la proie écrevisse

Page C 5


 
La pêche de l'écrevisse
à la balance
 

La pêche à l'écrevisse

quand à = "de"

Page C 6


 
La pêche de l'écrevisse
à la ligne et aux "engins"
 

 

"La pêche à l'écrevisse" ? Cette expression ambiguë peut se comprendre de deux façons :
-  la pêche de l'écrevisse : l'écrevisse est un but, le pêcheur cherche à la capturer,
-  la pêche avec une écrevisse : l'écrevisse est un moyen, elle est, par exemple, utilisée pour pêcher le brochet.

 


La pêche à l'écrevisse
 


La pêche de l'écrevisse
 

 La pêche avec une écrevisse

  

La pêche de l'écrevisse :

  Une partie de pêche en 1950 : C'est un ru, pas même un ruisselet, bordé d'épilobes mauves et de grandes reines des prés, jalonné çà et là de vieux saules têtards creux à l'ombre desquels ruminent paisiblement quelques vaches dans la torpeur d'une fin d'après-midi d'août... Tout au long de ce filet d'eau s'affairent joyeusement quelques adultes et des enfants. Ils tendent des balances, des pièges rudimentaires, entre de grands joncs verts et des touffes de menthe aquatique, le long de la berge creuse. Ils les relèveront bientôt chargées d'écrevisses…
   C'est une pêche simple, conviviale et rituelle que celle des écrevisses ; simple, on en apprend les règles en quelques minutes et les finesses en quelques heures ; conviviale, elle n'exige ni silence austère ni longues stations solitaires et se termine toujours autour d'une table par la dégustation d'un buisson de pattes blanches ; rituelle enfin, venue du fond des temps – de l'époque des Francs peut être puisque c'est la langue du roi Clovis et de la reine Clotilde qui a nommé la discrète habitante des ruisseaux -, faisant intimement partie de la vie rurale et pratiquée, chaque été, partout en France, avec la même passion, les mêmes pièges rustiques ou les mêmes méthodes "manuelles" moins respectueuses des lois.

   Mais dix ou quinze années plus tard, les pêcheurs avaient abandonné les lieux. La rapide modernisation rurale des années 1950, la pollution et la peste des écrevisses étaient passées par là et avaient ravagé les petits crustacés du modeste ruisseau. De ce ruisseau-là mais aussi de beaucoup d'autres, partout ou presque partout. Et l'idée se répandit alors que la pêche à l'écrevisse était définitivement rangée au rayon des souvenirs et des  loisirs perdus…

   Depuis, étrange revirement, il n'y a jamais eu - presque partout en France - autant d'écrevisses, ni, paradoxe curieux, si peu de pêcheurs à les rechercher. Il est vrai que les écrevisses ne sont plus les mêmes. Les pattes blanches indigènes, si belles mais si fragiles, ont cédé la place à de plus robustes et de plus résistantes espèces venues d'ailleurs, le plus souvent d'Amérique. Il est vrai aussi que les vieux saules têtards, les épilobes mauves, les grandes reines des prés, les souples joncs verts et les menthes aquatiques parfumées sont toujours là. Cependant, si cette flore agreste borde toujours quelque modeste ruisseau, elle jalonne le plus souvent une large rivière ou ceinture un étang paisible, une immense gravière ou une retenue plus vaste encore car ce sont ces endroits-là que colonisent maintenant les nouvelles espèces…

   Le milieu a changé, les écrevisses ont changé mais la pêche à l'écrevisse, elle, si elle est moins traditionnelle reste toujours une source de joies simples et conviviales.

La pêche "de" l'écrevisse : voir les pages C5 (pêche à la balance)
et C6 (pêche à la ligne et aux engins).

   La pêche avec une écrevisse :

Beaucoup de pêcheurs considèrent que l'écrevisse est un appât de choix pour la pêche du brochet qui, selon eux, raffoleraient de cette proie. Certains prêtent même cette appétence à la carpe qui rechercherait avidement les écrevisses de son milieu pour s'en nourrir. 
Brochets et carpes étant deux espèces très recherchées, cette opinion n'est pas sans incidence puisque les pêcheurs en utilisant des écrevisses comme "vifs" ont certainement contribué, par des lâchers plus ou moins fortuits de leurs appâts vivants, à l'expansion d'espèces pesant lourdement sur la faune aquatique.

Mais qu'en est-il exactement de cette idée ? Contre-vérité ou réalité ?

Il faut donc répondre à 2 doubles questions dont la première partie relève de la connaissance scientifique et la seconde de la pratique halieutique :

1 - La carpe est-elle friande d'écrevisses ? et peut-elle se prendre en pêchant avec cette proie ?

2 - Les brochets sont-ils également avides d'écrevisses ? et se capturent-ils couramment en pêchant "au vif" avec une écrevisse ?
 

Les deux espèces d'écrevisses le plus souvent employées par les pêcheurs

Ecrevisse
 américaine banale
(Orconectes limosus)

Ecrevisse
de Louisiane
(Procambarus clarkii)

 


L'avis des scientifiques

 En règle générale, les rares ouvrages scientifiques récents, trouvables facilement en librairie et traitant de la biologie des poissons*, présentent les carnassiers (anguilles, brochets, black-bass, lottes, perches, sandres, silures, truites...) comme des consommateurs habituels de petites écrevisses et occasionnels d'écrevisses de grandes tailles. Les cyprins (carpes, chevesnes, gardons, tanches...) sont, quant à eux, considérés comme des consommateurs habituels de très petites écrevisses et très occasionnels de sujets plus gros.

Cependant, André NEVEU, directeur de recherches à l'INRA de Rennes, par de nombreux travaux publiés dans des revues scientifiques ** à la diffusion restreinte (on peut regretter ce manque de vulgarisation, la presse halieutique pourrait utilement parler de ces travaux) a montré, pour ce qui nous préoccupe, que :
  des poissons carnassiers comme le brochet  et aussi des cyprins comme la carpe  consomment, en général et régulièrement, des écrevisses dont la taille maximum est uniquement fonction de leur capacité buccale ;
  la carpe se révèle aussi prédatrice que le brochet ;
▪  chez les brochets - on peut probablement étendre ce comportement à la carpe - il existe des différences individuelles : certains sujets capturent beaucoup plus d'écrevisses que d'autres qui semblent peu apprécier cette proie.

 * BILLARD R.  Les poissons des eaux douces de France - Delachaux et Niestlé - 1997
     BRUSLE J.  et QUIGNARD JP.  Biologie des poissons d'eau douce européens - Tec et Doc - 2001
     KEITH P.  et ALLARDI J.   Atlas des poissons d'eau douce de France - Patrimoines culturels - 2001

** L'astaciculteur de France n°33 (1992)
     Bull. Fr. Pêche Piscic. n° 361 (2001)
  

 


L'avis des pêcheurs

Les revues halieutiques n'ignorent pas ces questions. Les brochets et les carpes y sont, en règle générale, présentés souvent comme de grands amateurs d'écrevisses que l'on peut capturer, pour rester dans la légalité, les premiers avec des "leurres souples" imitant une écrevisse et les secondes avec des "bouillettes parfumées à l'écrevisse".

Des résultats d'enquêtes réalisées auprès des lecteurs sur l'attrait exercés par l'écrevisse sur les  poissons ont été donnés dans ces revues. Mais ces enquêtes portaient uniquement sur les restes de carapaces d'écrevisses trouvés dans l'estomac des carnassiers capturés, jamais dans ceux des carpes puisque les "carpistes" modernes, remettant systématiquement leurs prises à l'eau, ne peuvent donner d'avis fondés sur la question.

Par ailleurs, la pêche avec une écrevisse étant interdite dans les eaux publiques, faire une enquête sur l'efficacité de cette pratique serait, en quelque sorte, nier la législation et il serait également vain d'espérer des réponses sincères sur ce sujet.

Seuls donc, les pêcheurs en eaux closes privées peuvent librement donner leur avis sur cette méthode de pêche et les autres se contenter d'évoquer des souvenirs anciens... pour bénéficier de la prescription !
 

 

Importance fondamentale du milieu

 Il arrive de rencontrer, par suite de circonstances ayant favorisé la réussite des pontes - à un moment et à un endroit donnés  - une situation inhabituelle comme, par exemple, un grand nombre de carpes côtoyant une population importante d'écrevisses américaines banales.
Par nécessité, la nourriture se faisant rare, les carpes se mettent à consommer, en quantité croissante, d'abord des juvéniles puis des écrevisses de plus en plus grosses. Peu à peu, car les poissons sont capables de s'éduquer, s'installe chez les carpes de ce milieu une habitude alimentaire.

Puis les pêcheurs locaux remarquent et bénéficient de la situation et, en la faisant connaître, contribuent à répandre l'idée dans le milieu des pêcheurs que l'écrevisse est une "proie" efficace pour la carpe, partout, toujours. En réalité, lorsque les conditions nécessaires à cet état de faits ne sont pas réunies, l'efficacité de l'appât se révèle très médiocre, voir nulle.

Le même phénomène, qui peut se produire aussi pour le brochet (ou d'autres poissons prédateurs et aussi d'autres proies) fait qu'il est impossible d'énoncer des règles universelles de comportement alimentaire pour les poissons tout comme il est impossible de faire la même généralisation pour les humains.
 

 

Cette réputation, pour l'écrevisse, d'appât irrésistible est-elle fondée ?

Voir l'enquête de la page C4.
 

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